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Coup d’oeil sur le passé
Par Charles Howe L’année 2005 marquait le deuxième centenaire de la publication par Hosea Ballou de A Treatise on Atonement (trad. « Traité sur l’expiation »). Cette œuvre devait être, tout au long du dix-neuvième siècle, au cœur même de la théologie du mouvement universaliste. Ballou y affirmait que tous méritent le salut. À notre époque, cette thèse était formulée par l’UUA (trad. « Association Universaliste et Universaliste Américaine ») comme « la valeur et la dignité inhérentes de toute personne. » Ballou, fils d’un pasteur-cultivateur de l’État du New Hampshire, a grandi dans une famille chrétienne traditionnelle. Il ne pouvait réconcilier la croyance en un Dieu aimant, tout-puissant, avec la notion d’un châtiment éternel pour la majeure partie de l’humanité. C’est pourquoi il a procédé à une étude approfondie de la Bible; ses réflexions l’ont amené à croire au salut pour tous. En 1791, à l’âge de 19 ans, il prononçait des sermons universalistes. Trois ans après, Ballou recevait l’ordination. Au cours des quinze années suivantes, il est devenu pasteur itinérant et pasteur en tournée, principalement dans l’État du Vermont. C’est à cette époque qu’il a publié son ouvrage. Dans ce traité, Ballou a fixé son attention sur ce qu’était à ses yeux la pire faiblesse des idées officielles : la doctrine de l’expiation par la substitution, la thèse voulant que la mort de Jésus ait payé l’écot du péché pour toute l’humanité. Ballou était déterministe, reconnaissant que ce Dieu omniscient était tout-puissant. Il était aussi rationaliste, s’inspirant largement de la pensée déiste, il rejetait la doctrine de la Trinité – ce qui faisait de Ballou un universaliste unitarien. Pour mieux comprendre A Treatise on Atonement (trad. « Traité sur l’expiation ») il suffit d’en comparer les principaux éléments et ceux de l’orthodoxie chrétienne calviniste : Selon cette orthodoxie, le péché était un mal infini, équivalent à un défi infini et absolu de la volonté divine. Par contre, Ballou voyait dans le péché un geste fini, donc beaucoup moins grave « contrevenant à une loi en vigueur dans l’esprit humain, loi constituant la connaissance imparfaite que possède l’homme sur le plan moral. » L’être humain peut tout au plus viser à comprendre le mieux possible le bien sur le plan moral et agir en conséquence. C’est le fait d’agir autrement qui constitue le péché. L’orthodoxie voyait, dans ce châtiment frappant le péché infini de l’humanité, une séparation l’éloignant d’un Dieu vengeur. Selon Ballou, les hommes et les femmes luttaient pour s’orienter vers le bien sur le plan moral, s’éloignant ainsi des péchés les séparant d’un Dieu d’amour. L’orthodoxie exigeait que le Christ assume le fardeau des péchés de l’humanité en étant sacrifié sur la croix, expiant ainsi le péché et permettant qu’un Dieu apaisé se réconcilie avec l’humanité. Ballou pour sa part, affirmait que la mort du Christ avait libéré en ce monde un immense esprit d’amour, de sorte que les hommes et les femmes réceptifs envers cet esprit soient mieux en mesure d’expier leurs propres péchés et d’être réconciliés avec Dieu. Ballou soutenait donc que l’orthodoxie voyait les choses de travers : c’est l’humanité qui avait besoin d’être réconciliée avec Dieu, et non pas Dieu, celui de l’être avec l’humanité. En outre, cet esprit d’expiation par l’amour était accessible non seulement aux chrétiens mais aussi à toutes les nations, indépendamment « de leur nom, de leur secte, de leur confession, de leur nationalité ou de leur royaume ». Jamais un Dieu d’amour ne frapperait quiconque d’un châtiment éternel. Aucun péché n’était d’une telle gravité : le salut était universel. Le « Treatise » a eu des répercussions fortes et immédiates, conférant à tous les universalistes des fondements à partir desquels ils pouvaient diffuser leur message. On a vite reconnu chez Ballou le chef du mouvement universaliste. En 1809, il a mis fin à ses tournées pour accepter sa nomination à titre de pasteur permanent à Portsmouth, dans l’État de New Hampshire et, par la suite, des ministères à Salem et à Boston.
En 1845, après avoir prêché pendant plus de cinquante ans son message d’espérance et de liberté, Ballou qui se faisait vieux a renoncé à la direction quotidienne de sa paroisse à Boston. Il a vécu encore six années, au cours desquelles on lui a prodigué honneurs et respect à titre de Father Ballou (trad. « Père Ballou »), de « pasteur chevronné » de l’universalisme. À la suite de son décès, bon nombre d’hommages lui furent rendus, dont l’un des plus justes fut celui du grand prédicateur unitarien Théodore Parker : Traduction de Pierre A. Godin
Croyances universalistes
Acte de foi universaliste
Nous confessons notre croyance La croix décentrée (1947) Le cercle représente l’Univers. Au centre le vide représente le mystère au sein de l’univers, auquel on attribue le nom de « Dieu ». La croix représente le christianisme, la source de l’universalisme, c’est-à-dire le sentier menant à Dieu que la plupart des croyants d’Amérique du Nord ont appris à suivre; mais elle est décentrée, faisant place à d’autres points de vue et reconnaissant ainsi la validité d’autres sentiers menant à Dieu. Traduction de Pierre A. Godin
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